Implantation de la connaissance

Texte d’Aimé Michel

Physique de l’an 2000, métaphysique d’il y a 2000 ans La porte de la physique sur l’homme s’est ouverte sans bruit, à l’insu de tous, vers les années 1930, quand la mathématique des phénomènes atomiques a dévoilé le mystère apparemment insoluble et absurde de l’indétermination.
Voici un électron qui vole dans le vide du tube cathodique. Où est-il? Tant qu’il n’a pas atteint le détecteur mis là pour nous le dire, nous n’en savons rien. Et quand il l’a atteint et que l’aiguille fait un bond, accusant l’action de sa charge, nous apprenons qu’il était là, mais qu’il n’y est plus. Quelque appareillage qu’on imagine, les inégalités de Heisenberg nous avertissent qu’on n’en peut imaginer aucun qui nous dise à la fois sa position et sa quantité de mouvement. Tout le monde sait cela depuis un demi-siècle. De là est née une discussion d’abord seulement physique, puis philosophique. Ce que l’on a appelé l’«interprétation de Copenhague», indéfiniment démontrée à chaque nouvelle expérience, obligea d’admettre que l’impossibilité de savoir ne tenait pas à l’insuffisance de notre savoir, mais à la réalité de l’indétermination.
De cette indétermination réelle, fondée dans la nature même des choses, tout, depuis 1930, nous montre la généralité. Passé une certaine petitesse – celle de l’atome, de l’électron, du photon, celle des phénomènes qui se manifestent par l’apparition des ondes et des corpuscules – , tout se fait en vertu d’une mécanique unique, mystérieuse, qu’une équation de Schrödinger permet de calculer, de décrire en chiffres, mais que l’esprit est impuissant à voir sous forme d’image, et qu’on appelle le collapse de l’onde «psi». Tout cela a été maintes fois vulgarisé, quelques philosophes y ont eux-mêmes rajouté leurs fioritures, et pourtant le sens réel général de l’indétermination n’a que très tardivement pris sa véritable dimension, même dans l’esprit des savants.Je crois que le cas d’indétermination le plus frappant pour les profanes, dont je suis, est celui de la désintégration du noyau atomique (le «decay» du franglais). Voici un caillou de radium pur, disons pesant deux grammes; il est formé d’un agrégat d’atomes tous rigoureusement identiques (c’est ce que signifie sa «pureté»: il n’y a que des atomes de radium dont chacun est identique à chacun des autres). Ce caillou est radioactif, c’est-à-dire qu’à chaque instant, inexorablement, un certain nombre de ses atomes se désintègrent en se transformant en radiations diverses, toujours les mêmes, elles aussi. Le «decay» est d’une régularité absolue que rien ne peut faire varier, si bien qu’au bout de 1590 ans (sa «période»), le caillou de deux grammes sera réduit à un gramme. Encore 1590 ans, il ne restera plus qu’un demi-gramme. À chaque période, il perd la moitié de sa masse.
Tout cela semble simple tant qu’on ne se demande pas pourquoi, parmi tous ces atomes identiques, certains se désintègrent maintenant et d’autres dans 10’000 ans ou 10’000 siècles. Chaque période voit disparaître la moitié des noyaux. Dans mille milliards d’années, ou de siècles, il restera donc encore une moitié de moitié de moitié (et ainsi de suite). Il y a là quelque chose qui résiste à l’imagination et à tout raisonnement: si, en effet, nous considérons un seul parmi tous ces noyaux, il n’y a rien en lui qui détermine s’il va se désintégrer dans la seconde qui suit ou dans cent ans. Peut-être sera-t-il encore là dans mille milliards de siècles. Quelle est la différence entre deux noyaux dont l’un explose en ce moment même et un autre qui survivra à la fin du monde? La physique quantique est en mesure de trancher entre l’hypothèse qu’il existerait entre les deux noyaux une différence que nous ne percevrions pas et l’hypothèse de l’indétermination réelle, c’est-à-dire de l’explosion qui survient sans cause. Et c’est cette dernière hypothèse qui seule rend compte de ce qui se passe non seulement dans le cas du decay, mais dans l’ensemble de tous les phénomènes physiques.
Qu’est-ce que le collapse?
Depuis les premières découvertes de Louis de Broglie, vers 1923, on a pris l’habitude de considérer la matière, la lumière et les ondes électromagnétiques en général, comme des entités fermées de «réalités complémentaires», l’onde et le corpuscule. Toute particule comportait aussi son «onde associée». Une particularité bien étrange de cette complémentarité était que le corpuscule et l’onde ne pouvaient pas être mis en évidence simultanément. La notion de «réalité complémentaire» s’est alors propagée de la physique à la philosophie, et de là au langage de tous les jours.En physique, on imaginait une onde accompagnant réellement le déplacement de la particule matérielle. Les deux «réalités complémentaires» étaient conçues comme simultanément réelles, quoique refusant de se laisser appréhender ensemble. Une méditation d’un demi-siècle sur cet étrange refus a conduit l’imagination scientifique, par un nouvel effort, à ce qu’on appelle maintenant une «prise de conscience»: les «réalités complémentaires» n’étaient qu’un expédient verbal pour se débarrasser d’un fait plus insaisissable et plus profond, s’exprimant dans la théorie quantique des champs: c’est l’onde seule qui existe tant qu’on ne regarde pas; dès qu’une expérience décèle l’onde (dès qu’on regarde) c’est le corpuscule qui se manifeste; mais aussitôt qu’il s’est manifesté, il n’existe plus, c’est de nouveau l’onde (ou le champ) qui seule existe. Le collapse est cet événement mystérieux (mais décrit par l’équation de Schrödinger) au cours duquel l’onde se manifeste sous la forme d’un corpuscule qui cesse d’exister en se manifestant, redevenant une onde dans un champ.
La lumière par exemple est une onde tant qu’elle ne se manifeste pas. Mais qu’elle frappe un écran, c’est un photon qui frappe, il n’y a plus d’onde; que le photon soit alors absorbé ou réfléchi, il cesse d’exister en tant que photon et redevient une onde, de nouveau se propageant comme une onde et restant indétectable en tant qu’onde.On appelle aussi le collapse «transition quantique». L’équation de Schrödinger prévoit les probabilités de ce qui se passera au cours d’une transition, ou collapse. Mais ce phénomène fondamental, sur quoi repose l’univers physique tout entier, n’en est pas moins un défi à la logique (cf. les notes 20 et 24 du texte), défi radical, auquel on ne discerne actuellement aucune réponse sauf en acceptant de sortir de la physique au sens strict.Que le lecteur excuse cette insistante pédagogie. Elle a pour but de préparer le face-à-face avec une réalité qui constitue le fond des choses, puisque tout, dans l’univers jusqu’ici connu, survient par cette mécanique de collapse, absolument tout, de la physique des étoiles à la chimie de la digestion, à celle du système nerveux, à celle du rêve et de la veille, de la douleur et du bien-être, face-à-face qui nous fait découvrir dans ce fond des choses une complète a-causalité. Le principe de causalité, instrument de toute explication, disparaît totalement dans l’infiniment petit (le subquantique) duquel naissent toutes choses existantes.
L’infiniment petit qui enfante notre être n’agit pas par enchaînement de causes et d’effets. C’est un univers d’où est totalement exclue la «nécessité». Le pire qui pourrait arriver, avait dit Planck, serait que l’on nous imagine une philosophie fondée sur une physique qui n’existe plus. Monod prophétisé…
Mais il nous faut renoncer à cette philosophie et scruter celle que nous impose la nouvelle physique. Ce monde acausal qui supporte le nôtre, ce monde fermé au seul système d’explication connu de la science, du moins jusqu’ici, qu’est-il donc?
Le lecteur remarquera que nous ne sommes pas encore sortis de la physique, que, tout au contraire, nous n’avons fait dans les pages qui précèdent que nous y enfoncer de plus en plus profondément. Et c’est là justement, en son plus profond, que, quoi qu’on fasse, on va se trouver forcé d’en émerger.
Quoi qu’on fasse, les physiciens ont en effet, depuis trente ans, tenté d’innombrables façons de franchir ce seuil de l’inconnaissable, si connaître est expliquer par les causes. Ces nombreuses tentatives sont, pour la plupart, d’un abord intellectuellement difficile. Commençons par celles-là.
La plus classique est celle de la mesure. Il n’y a de connaissance scientifique que du mesurable. Mais le subquantique, par définition, se refuse à la mesure puisque, dans toutes les directions de la physique, le subquantique commence précisément là où le mesurable finit. Dans toutes les directions, il existe une mesure qui est la plus petite possible, et elle est toujours un multiple de la constante de Planck: h. Au-delà (au-dessous) du mesurable, du quantitatif, qu’y a-t-il donc? On est obligé de répondre aveuglément, sans discerner à quoi cette réponse entraîne, qu’au-delà du quantitatif seul existe le qualitatif. Mais qu’est-ce que ce qualitatif?
La théorie de l’information, élaborée surtout dans ce cas particulier par Szilard, Brillouin et Costa de Beauregard fournit une indication philosophique en réponse à cette question. Précisons bien: leur analyse est purement physique, elle fait abstraction de toute spéculation métaphysique, elle s’exprime en équations. Cependant elle oriente la pensée vers une appréhension philosophique.
Par le célèbre théorème qui porte son nom, Brillouin a montré que toute acquisition d’information se paie en énergie. Aucune information n’est énergétiquement gratuite. Illustrons cela d’une image. Si vous voulez visiter un parterre de fleurs, vous ne le pourrez sans écraser les fleurs. Vous pourrez, par la pensée, vous alléger de tout l’inutile, ne garder qu’un pied, un œil et votre cerveau gauche, il y aura toujours quelques fleurs écrasées. Supprimez le pied, l’œil, le cerveau, les fleurs resteront, certes, intactes, mais personne n’en saura plus rien! Y a-t-il seulement encore des fleurs? Ici, Costa de Beauregard insiste sur le sens double du mot «information». C’est «ce que l’on apprend», mais c’est aussi, en physique, l’ordre de toute structure, ordre qui se mesure en «bits» (unités d’information); on ne peut acquérir de l’information sur un système physique quelconque qu’en la lui prenant, c’est-à-dire en détruisant une part correspondante d’ordre, de structure.
La «nouvelle physique» généralise encore ces idées. En 1966, J. S. Bell énonçait un théorème qui en est, peut-on dire, le fondement; le voici, dans sa belle abstraction: «Il ne saurait exister de théorie de la réalité affirmant que des événements séparés soient indépendants sans entrer en contradiction avec la physique quantique».
Rappelons ici que l’«événement fondamental» en physique est le collapse. Il n’y a donc pas dans la nature deux collapses indépendants!
Or toute acquisition d’information suppose au moins un collapse (par exemple, c’est par un collapse que tout photon se manifeste au fond de notre œil). Donc tout collapse, et par conséquent tout événement de la nature, est aussi un échange d’information. On hésite à comprendre. Cela voudrait-il dire que rien ne se passe dans la nature sans que quelque chose en ait conscience? Nous voyons apparaître pour la première fois ce mot «conscience». J’en ai reculé l’utilisation aussi tard que possible dans cet exposé. Mais c’est bien ce que veulent dire les physiciens de la «nouvelle physique». Le lecteur perplexe (comme je le fus) se demandera si cela veut bien dire que même une seule modification d’une seule particule atomique au centre de la plus lointaine étoile suppose l’intervention d’une conscience. Eh bien, c’est exactement cela que les physiciens veulent dire. C’est cela qu’ils envisagent.
Telle que je viens de l’exposer, cette voie est abstraite et difficile. Il en existe une autre qui, elle, au moins, est brévissime et lumineuse. Si brève et lumineuse que, livrée telle quelle, hors du contexte général de la physique actuelle tout entière, on pourrait se demander si elle ne constitue pas un paradoxe isolé dont la résolution ne saurait tarder. Or, tout au contraire, c’est ce paradoxe qui est sous-entendu dans toutes les autres discussions. Costa de Beauregard le formule ainsi: «Toutes les mécaniques existantes décrivent le phénomène élémentaire comme fondamentalement symétrique entre avenir et passé ».
Expliquons. Le phénomène élémentaire, c’est le collapse. Rappelons une fois de plus que tous les autres phénomènes se font par celui-là. Et voyons ce qu’est cette «symétrie», seuil du labyrinthe.
Ma main, tenant un caillou, est tendue au-dessus d’un étang immobile. Vous filmez la scène avec une caméra. Je lâche la pierre. La pierre tombe: jaillissement circulaire de gouttes d’eau, retombée des gouttes, ondes circulaires s’éloignant concentriquement sur l’étang à partir du point de chute. Vous continuez de filmer, tandis que je retire ma main, jusqu’à l’amortissement des ondes sur l’eau. Vous arrêtez de filmer quand l’étang a repris son immobilité initiale. Vous développez votre film dont vous faites deux tirages qu’ensuite vous collez l’un à la suite de l’autre, mais le premier à reculons, la fin mise en début, et inversement. Vous obtenez ainsi un nouveau film qui, projeté, vous montrera les mouvements successifs suivants: étang immobile, apparition d’ondes concentriques se mouvant vers le centre en devenant de plus en plus hautes jusqu’à un moment «cataclysmique», très bref, où vous verrez des gouttes jaillir de l’eau – mais vers le centre -, la disparition subite des ondes au centre, avec apparition simultanée et du caillou remontant de l’eau et de ma main se tendant pour s’en emparer. Ici l’on atteint le point de collage des deux films, et tout recommence exactement à l’envers, c’est-à-dire à l’endroit: vous revoyez en projection ce que vous avez vu en réalité tout à l’heure lors du tournage. Dans le film résultant du montage, vous avez assisté à un événement rigoureusement symétrique par rapport au moment où le collage passe sur l’écran. Il est symétrique, car vous pouvez passer le film résultant du collage dans n’importe quel sens sans que la moindre différence soit discernable. Si vous le projetez à l’envers, vous ne ferez que revoir ce que vous avez vu à l’endroit. Si vous n’avez pas noté l’envers et l’endroit, vous ne pourrez plus reconnaître l’un de l’autre.
Tel est exactement le collapse, rigoureusement symétrique dans le temps. À première vue, cela n’a l’air de rien.
Mais repassez votre film (votre double film symétrique grâce au collage). Sa deuxième partie ne heurte pas le bon sens. Tout s’y explique par voie de causalité: je lâche le caillou, jaillissement circulaire de gouttes d’eau, etc.: on comprend très bien l’enchaînement des causes. La première partie, au contraire, est proprement miraculeuse, au sens strict du mot: si en effet je savais, en étendant la main sur un étang endormi, y susciter des ondes rétrogrades, en tirer un caillou et répéter la chose à volonté, je serais un thaumaturge, car «je commanderais aux éléments» comme Jésus à la tempête.
Les physiciens ont appelé «ondes avancées» (en anglais precursor, ce qui est plus clair encore) la probabilité brusquement croissante surgissant de rien et qui aboutit au collapse. C’est une inversion du hasard, autrement dit une évolution finalisée. Nous avons vu que le subquantique est complètement a-causal. Et cependant il est infiniment actif! Mais à la façon d’un acte en chaque point finalisé, en chaque point suscité par une volonté élémentaire, dans un but élémentaire. Chaque collapse réalise l’infiniment improbable, il est l’essence même de ce qu’à notre niveau nous définissons du mot volonté. Un physicien américain a appelé the push of a will, «impulsion d’une volonté», ce phénomène élémentaire, source de tous les autres. Ce n’est pas une analogie: c’est – sauf, naturellement, si la physique quantique tout entière n’est qu’une immense illusion – la volonté à l’état pur, l’intentionnalité pure, la finalité dans son absolue définition.
L’infinie multiplication des collapses élémentaires engendre l’univers des apparences, celui où nous vivons, celui de la statistique, du désordre, celui du hasard et de la nécessité. Mais il n’y a de nécessité que dans les grands nombres. De même, les compagnies d’assurances savent que, samedi prochain, tant de voitures s’emboutiront sur les routes de France, bien que le propriétaire de chaque voiture ait choisi librement de prendre la route. Le «decay» obéit à une loi rigoureuse comme la nécessité rêvée par Monod, exprimée par l’équation de Poisson. Mais cette loi est statistique et résulte d’une infinité de collapses qui tous échappent à toute nécessité. Chacun est the push of a will.
Qui ne se sent, sachant cela, envahi par les curiosités fondamentales des présocratiques? Qu’est-ce que ce chaos primordial des «volontés» élémentaires d’où émerge le monde des apparences? Pourquoi ce chaos de pure indétermination traduit-il son «vouloir» dans un phénomène élémentaire d’une structure telle que, le temps infatigable s’écoulant, il s’organise irrésistiblement en ondes et corpuscules stables, en noyaux, atomes, molécules, en galaxies, étoiles, planètes, en macromolécules, acides aminés, cellules vivantes, en êtres organisés évoluant tout droit vers la pensée qui finalement découvre tout cela en prenant conscience des lois d’où elle sort? Connais-toi toi-même? Mais, ô le plus sublime des faux-monnayeurs, la science te répond: «Chiche!» Et doublement: d’abord par le constat d’échec, deux fois millénaire, de la philosophie à éclaircir le mystère de l’homme, échec par elle-même démontré, aboutissant à sa démission dûment signée, clé sous le paillasson et recyclage dans les idéologies de désespoir et les verbiages ténébreux; et surtout par l’arrivée de la science elle-même sur les décombres abandonnés par ta descendance, ô Socrate! et la retrouvaille (ou, pour mieux dire, la découverte) de la réalité spirituelle tout justement là où tu avais voulu nous faire croire qu’elle n’était pas.
«Finalement, constate un physicien, et conformément à la plus haute tradition philosophique, «la pure conscience» est maintenant considérée comme l’ultime essence de l’univers, y compris l’univers physique ».
«Anaximène […] dit que l’archê est un air infini d’où procède tout ce qui vient, est venu ou viendra à l’être, même les dieux et le divin […]. Il est mouvement perpétuel, car autrement les choses qui changent ne changeraient pas». Les modernes présocratiques disent, nous l’avons vu, que la conscience peut être un état quantique macroscopique dans le cerveau. Voici ce qu’enseignait Diogène d’Apollonie, d’après Simplicius:
«L’espèce humaine et les autres êtres vivants viennent de l’air (identifié à l’archê) y compris leur âme et leur esprit. Selon moi, possède l’intelligence ce que l’on appelle air, et cela a pouvoir sur tout, car c’est précisément cette substance que je tiens pour dieu.» (Guthrie, à qui j’emprunte la plupart de ces citations, souligne que le verbe grec, traduit ici par «a pouvoir sur», kykernein, est le mot même par lequel Anaximène désigne l’action de l’illimité, en grec apeiron, dans les textes anglais boundless, caractéristique de l’essence noise, de l’a-causal.)
Des citations parallèles pourraient remplir cette revue. Concluons: «L’évidence que les objets physiques et les essences spirituelles ont une forme de réalité très semblable a beaucoup contribué à ma paix intérieure, et, de toute façon, on ne connaît aucune autre conception qui satisfasse à la mécanique quantique.» C’est un prix Nobel de physique, Eugène Wigner, qui s’exprime ainsi.
L’apeiron, l’illimité, le boundless, l’a-causal spirituel dans son essence, volitif, conscient – idée unique, vertigineuse, née dans l’esprit des Grecs avant que Socrate eût entrepris de les convertir à sa psychanalyse et que l’on croyait effacée de notre route – est donc à nouveau devant nous comme notre «prochaine aventure».
Jusqu’ici, rien ne permet de prévoir si cette aventure est une borne: «Tu n’iras pas plus loin», ou bien une porte prête à s’ouvrir. Dans l’un et l’autre cas, l’homme ne sera plus le même.Quant à moi, je vois une raison de parier pour la porte: c’est que la solution réside en nous puisque nous pensons. La porte cachée attend dans notre cerveau, dans notre conscience qui a trouvé et défini le problème. L’énigme que le Sphinx s’est à lui-même posée, il saura la résoudre.

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