Le second principe de la science du temps

Selon nous, ce n’est donc pas la matière qui s’avance le long du temps (puisqu’au contraire elle est étalée le long de la 4ème dimension comme à travers les trois autres); ce sont les psychismes qui s’avancent à travers le bloc de la matière le long de la 4ème dimension, et dans le sens suivant lequel ils peuvent acquérir de l’information aux dépens de la néguentropie du cosmos. Plus précisément (mais ici nous ne voulons pas nous étendre sur cet aspect de la question), le subconscient, lui, serait coextensif à la matière, et par conséquent lui aussi « étendu » le long de la 4ème dimension. Nous pensons que c’est essentiellement la claire conscience, ou plutôt (puisqu’il faut inclure aussi le cas des animaux)l’attention à la vie de Bergson (1) qui se concentre dans un présent aigu comme une étrave, et se fraye une voie sans halte ni retour le long de la dimension temporelle du cosmos. Cette dimension le long de laquelle « quelque chose », inéluctablement, se perd (la somme néguentropie du cosmos + informations d’origine expérimentale ) mais aussi, merveilleusement, « quelque chose » se crée; un quelque chose que l’étymologie (quelquefois trompeuse et souvent révélatrice) appelle, en biologie, psychologie, cybernétique, formation, formulation, information. La flèche du temps, d’après cette vue, représenterait essentiellement une adaptation de la vie aux conditions du cosmos quadridimensionnel; elle serait la condition technique sous-tendant ce vieil adage « qu’on s’instruit par l’expérience ».
/…/…/
Mais il reste une importante question: comment se fait-il que la société des vivants ait « conscience » de vivre dans « un même présent » ? Comment se fait-il que le temps psychique progresse dans le cosmos quadridimensionnel (en tout cas dans la biosphère terrestre) comme un front d’onde ? A cause, pensons-nous, de l’aller-retour incessant d’informations échangées à une célérité limitée supérieurement par la constante einsteinienne c. Ici aussi, pensons-nous, l’ordre de grandeur relatif des unités usuelles a sa signification et son interprétation en termes d’adaptation. La célérité c est « très grande »; elle associe de grands intervalles d’espace à de petits intervalles de temps. Le commun « présent social » ne correspond qu’à une vérité approximative et « pratique »: abonnés d’un même « réseau de télécommunications » (le Cosmos), les psychismes incarnés se « synchronisent » dans la mesure nécessaire et suffisante à la poursuite de leur conversation. »
(1) L’âme et le corps in « L’énergie spirituelle »: « Le cerveau est l’organe de l’attention à la vie. »
Extrait de: Olivier Costa de Beauregard, « Le second principe de la science du temps », éd. Le Seuil, 1963, pp. 134-135

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s