LE PRINCIPE D’ENCHANTEMENT 2

  CHRONIQUE 5

« En nous penchant sur ce puits, notre esprit, nous y apercevons à une distance d’abîme, dans un cercle étroit, le monde immense. »  (Victor Hugo)

Le sommeil tombe, comme un enchantement, afin de laisser libre cours au déroulement d’une mystérieuse opération. L’endormi fait partie de cette opération au titre de « hors-jeu ». Le « jeu » ne lui est pas destiné, il est l’affaire du « horla », celui qui génère le « hors-jeu », tel que Maupassant  lui-même jamais ne l’imagina.
L’endormi demeurera endormi. Ils seront, d’ailleurs, peut-être, plusieurs endormis, car cette onde pesante de sommeil qui les étreint ne touchera pas forcément le seul conjoint alité en sa paisible nuit, mais les passagers, par exemple, de cette automobile. Tous sauf un.
paralisis-del-sueño (2)« Je ne pouvais réveiller mon mari, bien que le secouant, dans ma peur panique devant CELA qui m’observait ! ».
« Les autres passagers restaient étrangement immobiles, comme endormis. Ils ne présentaient aucune réaction particulière, pendant que CELA s’approchait de la voiture ».
Voilà ces dormeurs, ces exclus, en quarantaine… Ne pas voir, ne pas entendre, ce à quoi CELA s’affaire.
Ils sont victimes de ce que contes et légendes nomment un enchantement. Un sommeil profond s’abat sur un personnage, ou sur une multitude. Et voici ce temps mystérieux de l’enchantement, pendant que dans l’espace qui s’y joint se joue un plus qu’étrange manège. Voici qu’un sort, dirait-on, a été jeté.
Le terme de dormition exprimerait justement cet état, mais il a déjà été emprunté par la Vierge Marie ! Dommage, car c’est bien dans un tel état, en effet, que sont plongés nos indésirables. Alors, je parlerai d’endormance, car, au fond, le sommeil est toujours un processus graduel, en train de se faire, et il est le fait de l' »endormeur », CELA qui enchante. Mais celui-ci est particulièrement rapide: l’ensommeillement tombe d’un coup ! L’endormance se fait furtive.
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01-2222b1dOu bien, autre mode, autre scène: « J’étais comme paralysé dans mon lit. Incapable de faire le moindre mouvement, alors que venait vers moi CELA, dont le noir regard en sa profonde béance me rassura… ».
Voici ce que contes et légendes nomment un enchantement.
A-t’on jamais rapproché la paralysie nocturne de l’abducté à celle subie par  de multiples témoins d’observations, telle qu’en son temps elle fut étudiée, magistralement, par le groupe Gabriel dans un n° spécial de la défunte revue « Ouranos » ?
Faut-il distinguer la paralysie de l’abducté et celle de Maurice Masse en son champ de lavande de Valensole, par exemple ? Je pose la question. Je ne fais que poser la question.
L’apparence de la paralysie, telle qu’elle se présente dans les dossiers ufologiques, se ramène à l’absence imposée par quelque processus de tout mouvement volontaire du corps. Description plus phénoménologique que scientifique ou médicale, je l’accorde, mais qui nous suffira, ici, à poser le décor. Le décor de l’empêchement d’un mouvement. « Paralysie » très particulière, puisque, comme l’avait montré Gabriel, elle n’affecte pas la station débout. Immobilité imposée à un corps. Osons alors une question dont la témérité ne m’échappe pas, mais dont je précise qu’elle n’augure en rien de sa validité. Simple question, ou plutôt questionnement: cette immobilité imposée pourrait-elle être du même ordre que celle qui contraint les automobiles et autres motocyclettes à tomber énigmatiquement en panne, lorsque celles-ci pénètrent dans ce que Daniel Robin appelle la « zone d’influence de l’OVNI » ?  Quelque chose aura affecté le fonctionnement du moteur et des circuits, me dira-t’on. Je n’en doute pas, et la mécanique automobile n’est pas mon domaine de prédilection. Mais lorsque c’est un vélo qui est bloqué, il s’est passé quoi ?
Voici ce que contes et légendes nomment un enchantement.
3ae779c40a6b372700e2cdb2fd3e676eRappellerai-je toutes ces entités des contes et autres récits qui passent à travers portes et murs, et leurs liens évidents avec nos modernes « passe-murailles » abducteurs spécialistes des « visites en chambre » ? Et le comportement « traditionnel » des incubes et succubes qu’a si bien analysé Jean Sider, en en rapprochant les actuelles « sauteries » abductives (1) ? Il note également l’étrange état de torpeur dans lequel semblent plongés certains partenaires sexuels à l’aspect humain lors des abductions (2). Enchantement…

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Tous ces motifs spécifiques, -endormissement, « paralysie », entre autre-, sillonnent contes de fées, légendes, mythologies… Ils en constituent des motifs constants.
L' »effet OZ » en est un autre, particulièrement actif dans les contes. Sans parler des « missing times », que Jean Sider, ici encore,  et entre autre chercheur,a étudié, par exemple dans leurs rapports avec le folklore de tous les pays. J’y reviendrai  bientôt.
Autant de faits qui semblent relever de l’enchantement de nos contes.
Un écrivain (j’utiliserai ce terme pour désigner toute personne qui a écrit un ou plusieurs livres, étant entendu, comme le disait pertinemment Rimbaud qu’ « il y a beaucoup d’écrivains, mais peu d’auteurs »), un écrivain, donc, déniait, il y a peu, tout rapprochement, ce qui est son droit, entre OVNI et folklore, pour le motif que celui-ci, étant une création de l’imaginaire humain, ne peut, ainsi, présenter une existence matérielle. Mais le problème fondamental qui est posé à l’ufologie, ce qui en  constitue, à mon sens, le noeud central, se tient justement là, dans cet espace de pensée, dénié aussitôt que découvert par notre homme: la double nature du phénomène, qui se révèle à la fois d’ordre matériel et d’ordre psychique.
Pourquoi ce déni ? De par l' »a priori » extraplanétaire de départ, qui l’induit nécessairement dans la proscription de l’impensé. Pas loin de traiter d' »irrationnel »  ce que l’on ne peut penser à l’aide d’une logique surannée. Antoine Faivre dit de l’irrationnel qu’il est une « notion vague qui fait perdre le meilleur par crainte du pire (3). Eh bien recherchons toujours le meilleur, et si la piste s’avère illusoire et vaine, nous n’aurons, en tous cas, nullement péché par négligence. Mais osons penser au-delà, par-delà nos cadres habituels et convenus de référence. « La pensée ne peut changer de niveau d’appréhension du monde », écrit J.J.Wunenburger (4), « que si elle s’élève à un polymorphisme, que si elle prête aux choses une architecture pluridimensionnelle ».
C’est par l’apport de tous les domaines de connaissance, – et pas seulement les sciences physiques et astrophysiques, comme semble vouloir s’y cantonner, récemment, un site ufologique sur Internet, y voyant là, fièrement, une large ouverture de la recherche !-, TOUS les champs du savoir peuvent et doivent être mis à contribution dans cette recherche, puisque le problème OVNI touche, fondamentalement  à ce qu’il en est de nous. Jusqu’à ce que faits et approches théoriques de tous ces secteurs du savoir et de la connaissance réalisent ce que E.O. Wilson désignait par le terme de « consilience », c’est-à-dire constituent un champ commun de recherche (5).
Je terminerai, une fois encore, avec une exigence, et, encore une fois, celle de Rimbaud: que nous faut-il ? « Inspecter l’invisible et entendre l’inouï » (6).

Jean-jacques Jaillat

NOTES:

(1) Jean Sider, « OVNIs: Les envahisseurs démasqués », éd. Ramuel 1999, p. 95)
(2) op.cit., p.109
(3) Antoine Faivre, « Accès de l’ésotérisme occidental », éd. Gallimard, 1986, p.8
(4) Jean-Jacques Wunenburger, « La raison contradictoire », éd. Albin Michel,1990, p.64
(5) E.O. Wilson, « Consilience. Essai sur l’unité du savoir », éd. R.Laffont, 1999
(6) Arthur Rimbaud, Lettre à Demeny, 15-05-1871

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